
Par Angèle TONGA
Le bien public est un bien de l’Etat ou des collectivités territoriales destiné à la satisfaction de l’intérêt général. Il est constaté de plus en plus dans le pays que la préservation de ces biens devient problématique. Pendant que certains citoyens pensent que la préservation de ces biens est de la responsabilité des autorités, d’autres, surtout de l’administration publique, estiment que c’est une responsabilité qui incombe à tous.
La protection des biens publics, une affaire des seuls gouvernants ?
Pour le jeune Ghislain qui dessine parfois sur les murs de l’école, la protection des biens publics incombe seulement aux autorités. « Nous, nous ne faisons pas ces activités pour quelque chose de particulier. On apprend à faire des dessins seulement sur les murs », confie-t-il. Des jeunes s’adonnent à ces pratiques au vu et au su de leurs pairs. Pour l’un d’entre eux, Ismaêl, « c’est le rôle des autorités de préserver les biens publics ». « Nous, on n’y peut rien faire », poursuit-il. Comme eux, ils sont nombreux ces individus qui vandalisent les biens collectifs pour diverses raisons, entre autres, faire passer un message, exprimer une frustration, se venger, gagner de l’argent ou encore s’amuser. Les auteurs peuvent agir seuls ou au sein d’un groupe informel ou organisé.
Préserver les biens communs, un devoir de bonne citoyenneté

Par contre d’autres gens estiment que la préservation des biens publics est un devoir pour tout bon citoyen. Parmi ceux-ci, dame Gisèle déclare : « Nous devons ensemble prendre bien soin des biens publics. Les jeunes doivent être éduqués dans ce sens. Si cela n’est pas fait, alors là il y a un problème. A l’école et à la maison, ils doivent savoir qu’on ne doit pas porter atteinte aux biens publics », conseille-t-elle. Et à Chérif d’ajouter : « Il y en a certains qui prennent bien soin des biens publics, mais d’autres encore ne connaissent pas les biens publics, raison pour laquelle les actes d’insalubrité sont posés. ».
Pour Tchakpala Alfa, chef division conférences et séminaires à la direction de la formation civique, la protection des biens publics est une obligation pour tous et le patriotisme nous l’impose. « Il faut avoir l’amour de la patrie, quand on a cet amour, on est obligé de préserver les biens sociaux et publics de l’Etat. Il est extrêmement important de protéger les biens publics et nous devons tous travailler à ça », insiste-t-il. Mais selon lui, la solution passe par une éducation civique. « Cette éducation, souvent menée via l’Education civique et morale (ECM) à l’école, prépare les enfants à devenir des citoyens responsables et actifs », ajoute le chef division.
L’enseignant d’ECM, Ouro-Djobo Abdou-Gazali, a renchéri que la protection des biens publics incombe aux citoyens, car ces biens sont financés par leurs impôts et sont construits ou acquis pour le bien-être de tous.
Les biens étatiques, un financement collectif
La protection des biens publics est un devoir citoyen fondamental. Ces biens (écoles, routes, hôpitaux, forêts classées, parcs) appartiennent à la collectivité. Leur préservation est essentielle pour assurer la continuité des services publics et éviter des coûts de réparation inutiles.
« Les biens publics servent à tous ; les dégrader nuit à l’ensemble de la communauté. Bien que l’Etat en ait la charge, chaque citoyen doit contribuer à leur entretien et à leur protection. C’est une responsabilité partagée », a indiqué M. Tchakpala. Il a également mis en avant l’obligation de préserver les biens communs pour les générations futures et aussi pour éviter de subir la rigueur de la loi.
Les biens protégés par la loi
Effectivement, au Togo, la destruction, la dégradation ou la détérioration volontaire des biens publics ou privés est une infraction pénale sévèrement punie par la loi.

Selon le code pénal togolais (loi n° 2015-010), la dégradation volontaire d’un bien appartenant à l’Etat est sanctionnée d’une peine d’emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de cent mille (100.000) à dix millions (10.000.000) de francs CFA.
Concernant une destruction par moyens dangereux, la destruction est commise au moyen d’un incendie, d’un engin ou d’une substance explosive, les peines sont beaucoup plus lourdes, allant de cinq à vingt ans d’emprisonnement. La tentative de destruction ou de dégradation est punie de la même manière que l’infraction consommée. Commettre une dégradation légère, c’est-à-dire salir ou encombrer la voie publique, les caniveaux, ou les espaces publics, est également punie d’une amende de 10 000 à 50 000 FCFA. Ces sanctions visent à protéger les infrastructures communes et le patrimoine de l’Etat.
La commission d’une dégradation légère, c’est-à-dire, salir ou encombrer la voie publique, les caniveaux, ou les espaces publics, est également punie d’une amende de 10 000 à 50 000 FCFA.
Ces sanctions visent à protéger les infrastructures communes et le patrimoine de l’Etat.
Appel aux actions concrètes de protection
M. Tchakpala invite tous les citoyens à éviter de dégrader ou vandaliser les édifices et équipements (bancs, feux tricolores, bus). Il appelle également à respecter les espaces verts et la propreté des lieux publics. Les citoyens sont aussi exhortés à signaler les dégradations aux autorités compétentes (au 117 police, 172 gendarmeries, au chef du quartier ou encore à la mairie). L’intervenant souligne que protéger le bien public, c’est protéger son propre environnement, garantir la qualité des services pour tous et la pérennité de l’Etat
Pour M. Ouro-Djobo, il est impératif de s’abstenir d’écrire sur les murs, de dérober les biens publics et surtout de ne pas contribuer aux travaux communautaires. “Un citoyen exemplaire évitera de saccager les biens publics et ne soutiendra pas son ami dans des actes de vandalisme. Il doit également éduquer sa famille sur les principes du bien commun tout en s’abstenant d’uriner ou de déféquer dans les espaces publics”, a-t-il conclu.
La protection des biens publics est un devoir citoyen car ils appartiennent à tous, sont financés par les impôts et garantissent le bien-être collectif. Préserver ces infrastructures assure la continuité des services, évite des coûts de réparation élevés, supportés par le contribuable. Cette attitude reflète le patriotisme ainsi que le respect d’autrui.






