Lomé, 28 sept. (ATOP) – Mlle Koffi Jeannette a été sélectionnée lauréate du concours des clubs de lecture numérique de la bande dessinée « Mariées trop tôt », le vendredi 25 septembre à Lomé. Elle a été suivie de Mlle Bassintona Rosine et cinq autres lauréats.
Mlles Koffi et Bassintona ont reçu chacune une enveloppe de 50.000F CFA, des exemplaires de la bande dessinée et des dictionnaires français et français-anglais. Les autres lauréats ont été aussi gratifiés d’une enveloppe de 20.000F CFA et des dictionnaires.
Conçue par le bureau sous régional pour l’Afrique de l’ouest de femmes droit et développement en Afrique (WILDAF-AO) et Save the children, la réalisation de cette bande dessinée a reçu l’appui financier du ministère des affaires étrangères du Danemark (DANIDA) et de l’African Women Développement Fund (AWDF). Cette action s’inscrit dans le cadre du projet « programme de renforcement des capacités des organisations de la société civile et des réseaux de jeunes au sahel pour protéger les enfants en situation de mobilité et mettre fin au mariage d’enfants (PROS/ME) ».
Il s’agit à travers cette bande dessinée de conscientiser les populations sur les désastres que le mariage d’enfants engendre.
Avec une cote ludique et amusante, « mariées trop tôt » informe, éduque et communique sur cette pratique traditionnelle néfaste ; encourage et motive à la lecture des enfants avec une précision sur les violences basées sur le genre. Cette illustration rappelle les dispositions pour la protection de la jeune fille et les mesures barrières dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus.
La bande dessinée de 32 pages, est un outil destine premièrement aux enfants, au corps enseignant, ensuite aux parents, bref a toutes les catégories sociales en vue de faciliter les sensibilisations sur ce fléau en milieu éducatif, dans les centres d’apprentissage et lors des activités culturelles. Elle relate l’histoire d’un père redoutable qui a l’habitude de décider seul à sa convenance de marier ses filles mineures, sans leurs consentements, a des hommes riches plus âges, afin de profiter des fruits de ces unions. Mais grâce au refus de sa dernière fille, qui a opposé une résistance, le père a été sensibilise sur les conséquences néfastes de ces unions et en a pris conscience.
Au total 4 clubs de lecture numérique de la bande dessinée « Mariées trop tôt » destinés aux élèves, étudiants et adultes ont été mis en place. Cette initiative a permis de rassembler des participants de plusieurs nationalités sans les déplacer. Ces clubs ont permis aux participants de bénéficier, du 1er au 6 septembre, de séances de partages, d’échanges et de prise d’engagements entre eux. Et c’est à l’issue des échanges que 6 filles et un garçon ont été sélectionnés.
Selon le directeur de la Protection de l’Enfance, Kondoh Kandani, le mariage des enfants est une pratique qui reste courante malgré les lois qui l’interdisent. Il a mentionné que « l’Afrique subsaharienne est la région qui enregistre le plus grand nombre de mariage d’enfants au monde avec environ quatre filles sur dix mariées avant l’âge de 18 ans, et six des dix pays ayant la plus forte prévalence de mariages d’enfants se trouvent en Afrique. Dans ces six pays, le taux de mariage des enfants, avant 18 ans, varie de 45% à 80%. ».
M.Kondoh a indiqué que selon l’Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples (MICS 6) menée en 2017 au Togo, « 7,3% de femmes âgées de 20-24 ans étaient mariées ou en union avant l’âge de 15 ans ». Il a rappelé que conscient de cette situation, le gouvernement togolais avec l’appui de ses partenaires et en collaboration avec l’ensemble des acteurs, a pris des mesures et initié plusieurs actions afin de prévenir et d’éradiquer le phénomène. Il a cité entre autres, l’élaboration du programme national de lutte contre le phénomène de mariage des enfants et les grossesses chez les adolescents en milieux scolaire et extrascolaire, les dispositions du code de l’enfant adopté en 2007, le numéro vert « Allô 1011 » pour signaler les cas de violences sur les enfants y compris leur mariage.
La coordinatrice sous régionale de WILDAF-AO, Mme Kafui Adjamagbo-Johnson a insisté sur les conséquences néfastes du mariage des enfants, entre autres, l’affectation de la santé mentale et génésique des filles, leur exposition à une mortalité maternelle liée au manque de soins de santé en cas de grossesses et les violences sexuelles et psychologiques qui affectent leurs parcours. Concernant les conséquences économiques, elle a mentionné le bas niveau d’éducation qui est un handicap pour la participation des filles au développement économique de leurs communautés et qui prive leurs familles de revenus. ATOP/OAF/BV






