
Par AMEKOUVO S. Akouétey
Les corvées d’approvisionnement en eau, les difficultés d’accès à l’eau potable, des maladies liées à l’eau, font désormais partie du passé dans neuf (09) préfectures de la région des Plateaux. A partir d’une étude minutieuse, des zones rurales confrontées aux problèmes de pénurie d’eau potable et de mauvaise qualité de l’eau ont été sélectionnées au profit du projet d’hydraulique villageoise d’aide de Chine au Togo visant à réaliser 300 forages de Puits à motricité humaine (PMH).
De la préfecture de l’Ogou jusqu’à celle de Kpélé, en passant par les préfectures de l’Anié, de l’Est-Mono, du Moyen-Mono, de l’Amou, de Kloto, d’Agou et de Haho, la satisfaction est au rendez-vous, une joie manifestée par les populations à la mission conjointe sino-togolaise en tournée d’inspection des ouvrages, les 28 et 29 avril dans quelques villages bénéficiaires des forages.
« Le Togo s’est engagé dans un processus de développement et d’amélioration des conditions de vie de la population. Dans ce cadre, ce projet, fruit de la coopération bilatérale entre la Chine et le Togo vient soutenir les efforts du pays en matière d’amélioration des conditions de vie », a déclaré Dr Yao Lombo, conseiller technique du ministre de l’Agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire.
300 forages sortis de la terre en 2 ans

Le projet d’hydraulique rurale est le fruit des conclusions du neuvième sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), tenu à Beijing du 4 au 6 septembre 2024. Le projet conçu sur deux ans est réalisé par l’entreprise générale Zhongmei Engineering Group Ltd. et supervisé par le groupement constitué de China Railway Eryuan Engineering Group Co., Ltd. et de China Railway Eryuan (Chengdu) Consulting & Supervision Co., Ltd. Le projet officiellement lancé le 19 décembre 2024 à Atakpamé par l’ex-ambassadeur de Chine au Togo, Chao Weidong est implanté dans la ville aux sept collines (Atakpamé) et les zones rurales de la région des Plateaux.
Le projet vise fondamentalement la construction de 300 puits d’eau ruraux et l’installation de 300 pompes à eau manuelles. Un volet non négligeable de ce projet, fruit de la coopération sino-togolaise, est la prise en compte des travaux d’étude hydrogéologique, de forage, d’analyse de la qualité de l’eau, d’installation et de mise en service des équipements, ainsi que la formation technique relative à la maintenance.
Après 18 mois de travaux, l’ambassade de Chine au Togo, reste très attachée à l’avancement des travaux. A la tête d’une mission de terrain, le chef du projet d’hydraulique villageoise du Togo, Huang Xianzhou s’est dit particulièrement satisfait de l’état d’avancement des travaux sur les différents sites. Sur les 300 forages initialement prévus, 305 sont réalisés. « Nous sommes à 90% de taux d’exécution, c’est-à-dire 260 sont déjà fonctionnels tandis que 45 autres sont en cours de finition d’ici fin juin », a confié M. Huang.
Le gouverneur de la région des Plateaux, le général de brigade Dadja Maganawé a salué la détermination de l’équipe chinoise en charge des travaux. « En dix-huit mois, 260 forages sont équipés et fonctionnels, donc la célérité est vraiment à saluer. Sur le terrain, j’avoue que ça a été un grand soulagement parce que le besoin était réel ».
Des populations enthousiasmées

D’un village à l’autre, des scènes de gaieté et de reconnaissance ont été manifestées à l’endroit de la délégation conjointe sino-togolaise déployée sur le terrain pour les inspections. La joie était perceptible sur les visages des populations et toutes à l’unisson témoignent leur reconnaissance au Président du Conseil, Faure Gnassingbé et au président chinois, Xi Jinping pour avoir initié ce projet.
« Nous sommes tellement heureux de la disponibilité de l’eau potable dans notre village. Durant des années, nos mères et grands-mères ont souffert de la pénurie d’eau. Nous sommes tous reconnaissants, nous disons merci à Dieu et aux donateurs pour leur générosité qui vient mettre fin à nos souffrances », a témoigné Mlle Salifou Foussena, une apprentie rencontrée lors de la tournée à Haoussa-Kpedji, un village à 22 km d’Atakpamé dans l’Ogou 1.
« L’eau que nous buvions avant était polluée par toutes sortes de microbes », a renchéri le président du Comité villageois de développement, Fankou Abdoulazize. « Nous n’avions pas d’autres choix que de la consommer et cela nous rendait malade. Dorénavant, avec l’eau potable, nous aurons certainement une meilleure santé », a-t-il ajouté.
Au village de Bâto-Losso, 7 km de Wahala, M. Gbandawa Nayagla avoue que le problème d’eau était vraiment criard : « Nous manquions vraiment d’eau dans le village avant ce forage. Il nous fallait parcourir environ 6 km pour en trouver et ce que nous trouvons était source de maladie pour nous ainsi que nos enfants. Aujourd’hui, nous avons de l’eau potable et nous nous en réjouissons ».
Les bienfaits de ces forages

A l’étape de Afidégnigban, un village situé dans le canton Katoré dans la commune Ogou 2, M. N’Tchou Kowovi, président régional des producteurs agricoles des Plateaux affirme que « ce forage va contribuer à réduire les épidémies causées par les eaux sales de la rivière Eké en provenance d’Atakpamé où nous nous approvisionnons. Le forage va nous permettre d’arroser nos plantes, de gagner du temps que nous prenions pour aller à la rivière et aussi nos enfants seront plus ponctuels à l’école ».
Pour le directeur régional de l’Eau et de l’assainissement des Plateaux, Kogo Koffi Itchè, ces forages vont permettre de prévenir les maladies, et de réaliser des économies. « Les populations partageaient l’eau du fleuve avec les animaux, cela causait des maladies comme des ballonnements de ventre, des diarrhées fréquentes, voire des pertes de vie », précise M. Kogo. « Nous disons merci à la Chine car ces forages favorisent une préservation de la santé, un gain de temps pour que les enfants puissent aller à l’école ainsi que les femmes qui pourront aller désormais sans inquiétude au marché », a relevé le directeur de l’hydraulique.
Avant que les populations ne puissent vaquer librement à leurs activités agricoles, reconnait le conseiller technique du ministre en charge de l’Agriculture, il faudrait que certaines conditions préalables soient réunies, notamment la mise à disposition de l’eau potable. Ces forages, dit-il, sont un appui pour permettre à nos populations d’être plus résilientes et de pouvoir faire face aux activités agricoles pour produire suffisamment et tendre vers la souveraineté alimentaire.
Pour la population de Haho, essentiellement agricole, « le besoin en eau est une nécessité non seulement pour arroser les champs mais aussi pour la consommation », a martelé le préfet de la localité, Tchangani Awo, souhaitant la poursuite de ce projet pour couvrir l’ensemble des besoins en eau dans la préfecture.
Un soulagement et une amertume

« C’est un soulagement total quand on connait les difficultés des populations à s’approvisionner en eau potable, surtout dans les villages reculés. Ce projet est donc très opportun pour apporter un soulagement à nos populations », s’est réjoui le préfet de Haho.
Tout en mesurant l’impact de ces forages sur le quotidien des populations, le gouverneur de la région des Plateaux déplore que « malheureusement, certaines populations n’ont pas eu cette chance. On n’a pas pu trouver de l’eau pour ces populations, celles qui ont pu bénéficier de l’eau ont pu régler une bonne partie de l’essentiel de leurs problèmes ». Pour la pérennité des ouvrages, le gouverneur appelle les utilisateurs des forages à une prise de conscience.
Vers un renforcement de la coopération sino-togolaise
Ce projet vient s’ajouter au chapelet de réalisation chinoise au Togo, ce qui démontre de l’excellence des relations entre les deux pays.
« Nous souhaitons que cette amitié entre la Chine et le Togo continue de plus belle pour que les populations puissent bénéficier d’autres projets de développement », a souhaité le directeur de l’hydraulique.
Dans cette logique, le préfet de Haho a sollicité le renforcement de l’amitié entre les deux pays dans l’intérêt des populations. « Je veux encore une fois dire merci à la coopération chinoise pour cette initiative et surtout merci à l’équipe pour la disponibilité et la célérité avec laquelle ils ont pu réaliser ces forages », a laissé entendre le gouverneur.
Ce projet ne cesse de susciter déjà de l’admiration. Les autorités locales et les populations plaident pour la phase 2 du projet afin de permettre à d’autres localités de boire de l’eau propre et de bonne qualité.






