
Kara, 15 juil. (ATOP) – Pour remporter la victoire dans les arènes de lutte, le classement des lutteurs est très important. Ce classement obéit à certaines règles qui nous ont été confiées dans un entretien avec l’encadreur de lutte, Awadé Pagoubadi. Il relève également une différence dans l’attribution des victoires dans les temps anciens et actuellement.
Un classement complexe et rigoureux
Le classement des lutteurs ne dépend pas de la grande taille ou de la bonne forme de l’Evalou (singulier de Evala). Un lutteur peut remplir ces conditions mais s’il lui manque l’endurance ou les bonnes techniques de lutte, il ne peut figurer dans le premier rang des Evala pour affronter ceux du camp adverse. Pour opérer le classement, les encadreurs recourent systématiquement aux entrainements. Cette phase permet de détecter les excellents lutteurs après les croisements entre Evalou sur leur lieu de campement (awé). Et pour aller vite, il est demandé d’abords à ceux qui veulent sortir au premier rang de se prononcer. Après les affrontements entre les différents candidats, les vainqueurs ou les vaincus ne sont pas d’office intégré ou éjecté de la première liste. La décision revient aux encadreurs qui repèrent les Evala qui ont terrassé en luttant bien et ceux qui, quand bien même ayant été vaincus, possèdent les bonnes techniques et l’endurance, et enfin les lutteurs qui disposant de ces atouts ont livré de beaux combats sans renverser leurs adversaires.
Sur la base de ces différentes observations, une liste provisoire des Evala est établie et soumise à l’appréciation de tous les lutteurs. Une fois acceptée par tous les Evala, la validation définitive revient aux figurants sur la liste qui devront marquer totalement leur accord d’être en tête pour représenter leur camp. Le classement final s’en suit et le même processus reprend pour loger les lutteurs dans les rangs qui suivront. Après avoir affronté leurs protagonistes, les lutteurs des deux camps forment une coalition. Encadreurs et lutteurs ne faisant désormais qu’un, les concertations sont menées. Et sur la base des performances précédemment réalisées par chaque Evalou mais aussi en tenant compte des mêmes critères susmentionnés, les Evala seront classés par groupe de trois, quatre ou cinq dans les différents rangs.
L’aide de Feu président Eyadéma dans le classement
Feu président Gnassingbé Eyadéma qui fut en son temps un champion de lutte donnait parfois des directives aux encadreurs pour le classement des lutteurs. « En fin connaisseurs des luttes, le président Eyadéma nous aidaient dans le classement. Il lui arrivait, de temps à autre, de faire avancer ou reculer un lutteur dans les rangs après avoir observé les empoignades. C’est ainsi que des lutteurs de premier rang peuvent se retrouver dans les rangs inférieurs et vice-versa », a confié M. Awadé.
Attribution des victoires
Si aujourd’hui la victoire à l’issue des empoignades revient au camp ayant enregistré le plus de victoires, cela n’était pas le cas aux temps anciens. Par le passé, le camp de qui provenait la première victoire dans les arènes remportait d’emblée la lutte. Cette tradition n’est pas pour autant oubliée. C’est ainsi, que sur les aires de lutte, les différents camps manifestent bruyamment leur joie et allégresse quand un des leurs terrasse en premier.
ATOP/MEK/TD






