
Kara, 14 juil. (ATOP) – L’édition 2024 des luttes traditionnelles « Evala » en pays Kabyè a commencé, le samedi 13 juillet dans le canton de Pya, où se sont affrontés les lutteurs de Lao-Haut et Lao-Bas sous le regard du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.
Dès cette première journée, certains lutteurs ont démontré leur nette suprématie sur leurs adversaires. C’est le cas de Ali Mawabidè Fidel, un jeune lutteur de Lao-Haut qui a offert, en moins d’une minute d’empoignade, la première victoire à son camp. Calme, timide mais très technique, le jeune Ali peut surprendre dans l’arène.
Teint marron, Ali Fidel est âgé de 23 ans, 1,74m et 67 kg, ce lutteur, physiquement fort et musclé a, depuis l’année passée, toujours bataillé pour donner la première victoire à son camp. « Quand je rentre dans l’arène, je sais qu’il y a ma famille et toute la communauté qui comptent sur moi et donc je fais tout pour ne pas les décevoir », confie-t-il, souriant. Et pour arriver à ses fins, le jeune Ali utilise quatre techniques. L’arrachement de pieds, le tassement en blocage genou, le fauchage de la jambe et la ceinture de dos.
Dans toutes ses techniques, la stratégie de Ali est de mettre mal à l’aise son adversaire avant de le surprendre par une poussette. Les prochaines phases des luttes nous permettrons de découvrir peut-être d’autres techniques. Comme il a lui-même dit « les lutteurs n’ont pas les mêmes tailles, les mêmes poids, les mêmes physiques et chacun aussi à ses techniques, c’est pourquoi les empoignades sont aussi différentes ». Ainsi, quand le jeune Ali était Ahoza (non initié), il a suivi plusieurs combats de lutte, notamment ceux des grands champions. Ce qui lui a permis de développer ses capacités. « Mon plaisir c’est de croiser les meilleurs ou les grands favoris des autres camps », dit-il. Calme et imperturbable, Ali prend toujours son adversaire au sérieux. Sa stratégie, c’est d’observer l’adversaire d’abord, le laisser attaquer pour comprendre ses intentions. Et s’il faut, l’attaquer en premier comme ce fut le cas de son protagoniste du jour, il ne traine pas. « J’ai compris qu’il fallait l’attaquer en premier. Il faut l’épuiser avec certitude de le terrasser », précise-t-il.
Le jeune Ali dit tirer sa force des entrainements quotidiens avec des courses de résistance pour gagner du souffle qui, selon lui, est très important pour prendre le dessus sur l’adversaire. « La taille de l’adversaire ne m’effraie pas car je sais qu’en étant endurant, il finira par s’essouffler et je vais le terrasser ». Profondément croyant, le jeune Ali sait que sa force physique, sa ruse, son habileté et toutes ses techniques ne suffiront pas pour vaincre l’adversaire, c’est pourquoi il se confie toujours en Dieu avant de rentrer dans les aires de lutte.
Ce jeune lutteur, très attentif, est un adversaire que les autres protagonistes, certainement présents pour l’espionner, doivent prendre au sérieux.
ATOP/MEK/TD






