
Kara, 15 juil. (ATOP) – Les rites initiatiques « Evala » consacrent le passage dans la classe des adultes des jeunes Kabyè de 18 à 20 ans. C’est un processus d’intégration dans lequel la femme joue un grand rôle. Ce rôle nous est révélé dans des échanges avec MM. Talboukoung Bamazi et Bassaye Abalo, encadreurs d’Evala du canton de Tchitchao.
La femme au départ du processus d’initiation
C’est la femme qui met l’enfant au monde. A l’âge de 15 ans, celui-ci étant Ahoza (non initié), il revient à sa mère d’attirer l’attention de son père que leur enfant a atteint l’âge pour parcourir de 15 à 18 ans les différentes étapes pour devenir Evalou. « C’est la mission de la femme d’informer l’homme que leur enfant doit commencer les cérémonies des non-initiés dès ses 15 ans », a révélé M. Bassaye. L’avis de la femme est également requis pour l’initiation de son fils de 18 ans. Elle peut s’opposer au désir de son mari d’initier leur enfant aux rites Evala. En réalité, elle ne doit pas s’y opposer mais il revient au mari de rencontrer les oncles de sa femme pour obtenir leur accord avant l’entame des cérémonies rituelles à leur neveu qui est le nouveau Evalou. Après approbation des oncles, la mission des femmes ne s’arrête pas. Elles restent dans l’ambiance, accompagnant, la nuit, les hommes, au démarrage des cérémonies initiatiques, en reprenant en chœur les chants entonnés par les hommes.
La femme fournit la farine et le sel
Il revient à la mère de fournir la farine et le sel à son enfant Evalou durant ses deux premières années d’initiation tandis que son frère cadet (l’oncle de l’Evalou) lui offre un chien et une lame pour la scarification de l’oreille de son neveu. Durant les deux dernières années de rites, c’est au père de l’enfant de donner le chien à son Evalou.
Conseillère du jeune Evalou
La maman a le devoir de contrôler et de conseiller son fils Evalou sur les bonnes attitudes à adopter non seulement pour bien lutter mais aussi pour pouvoir devenir quelqu’un de bien dans l’avenir. « La maman conseillera, par exemple, à son fils, entre autres, de ne pas rentrer tard les nuits, d’éviter les mauvaises compagnies et de proscrire les rapports sexuels avant les luttes Evala », a précisé M. Talboukoung.
Supportrices des Evala
Les femmes mettent beaucoup d’ambiance en chantant et dansant en cercle autour des arènes pour motiver les Evala à bien lutter. « Les hommes sont nombreux à supporter les lutteurs, mais s’il n’y a pas les femmes à leurs côtés, il n’y aura pas une très bonne ambiance. Ce sont les femmes qui savent chanter, danser, détecter les tares du camp adverse qu’elles exposent au grand jour dans les messages véhiculés au travers de leurs chansons, histoire d’amener les concernés à se corriger », a affirmé M. Talboukoung.
Préparatrices de la boisson locale Tchoukoutou
Les femmes se chargent également de la préparation de la boisson locale Tchoukoutou qui coule à flot sur les terrains de lutte car en réalité c’est un stimulus permettant aux lutteurs, encadreurs et à la population toute entière de s’égailler.
ATOP/MEK/KYA






