
Par Moise Gnimata
Après dix années de mise en œuvre des recommandations et du programme des réparations élaborés par la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN), institution chargée d’œuvrer à la réconciliation des Togolais, a mené un sondage pour évaluer ses actions sur l’ensemble du territoire. Dans une interview accordée à l’équipe de journalistes chargée de mener ce sondage sous la conduite du HCRRUN, la présidente de l’institution, Mme Awa Nana-Daboya, souligne que les 10 ans ne sont qu’à mi-parcours des activités de HCRRUN.
Equipe de journalistes (E.J) : Quels sont les actes probants que HCRRUN a posé durant les 10 ans d’activités ?
Mme Awa Nana-Daboya (M.A.N.D) : Je rends hommage au Président du Conseil, Faure Gnassingbé pour son leadership éclairé qui a permis que le HCRRUN soit doté des ressources financières qui l’ont permis de mener à bien sa mission. Le HCRRUN a au cours de ces 10 ans, posé des actes et des prémisses d’une réconciliation véritable. En tant qu’organe de mise en œuvre des programmes de réparations, le HCRRUN se présente plus qu’une institution, parce qu’il a mené des activités telles que l’écoute, l’accompagnent des victimes, leur satisfaction et leur prise en charge médicale. Certes, ces prémisses étaient énoncées par la CVJR.
Les recommandations sont allées en profondeur et aujourd’hui nous nous retrouvons avec une population qui a un changement de perception de la société, qui reprend confiance en elle-même et en l’Etat, simplement parce que par les actions que HCRRUN a mené, non seulement l’Etat a affirmé sa reconnaissance du tort qu’il a commis envers les victimes, mais aussi a pu donner des moyens financiers qui ont permis de réhabiliter chaque victime, de se reconstruire et d’avoir confiance. Aujourd’hui le concret est là, chaque victime témoigne des actions du HCRRUN.
E.J : Quelles sont les réparations menées par HCRRUN ?

M.A.N D : Le HCRRUN a mené des réparations individuelles qui ont permis de réhabiliter chaque victime. Dans toutes les localités du pays les bénéficiaires sont satisfaits. Parcourrez le pays et vous verrez les réalisations immobilières et mobilières gigantesques et les victimes elles mêmes vont vous en parler. Le HCRRUN a mené aussi des réparations communautaires qui se résument par la construction des infrastructures qui vont fédérer les communautés. Pour les constructions de ces infrastructures, le Haut-commissariat ne dicte rien, ce sont les populations qui choisissent l’infrastructure fédératrice après les avoir écoutés. Ce qui marque leur adhésion au processus de réconciliation.
Les actions sont aussi des réparations mémorielles qui se réfèrent à rendre hommage aux grandes figures et aux personnalités ayant marqué l’histoire du pays. Le HCRRUN est allé en profondeur pour reconnaitre les enfants des victimes comme des orphelins. N’oubliez pas, ce programme de bourse et d’aide aux orphelins des victimes décédées au cours des évènements de 2005 où aujourd’hui, nous dépassons 200 enfants, jeunes, scolaires ou hommes professionnels que l’institution a pris pour leur cursus scolaire comme leur cursus professionnel.
E.J : Quelle était la vision du HCCRUN ?
M.A.N D : C’était à Atakpamé que le Président du Conseil, Faure Gnassingbé a déclaré que “Plus jamais du sang sur la terre de nos aïeux”. C’est cette vision du président qui guide les actions du HCRRUN. A chaque rencontre de réparation, nous rappelons cela aux victimes afin que ce qui s’était passé ne se reproduise plus sur la Terre de nos aïeux.
E.J : Quelles sont les perspectives du HCRRUN ?
M.A.N D : En perspectives, il faut continuer notre mission en vue de renforcer cette confiance retrouvée entre les Togolais. Le Togolais a retrouvé la confiance en l’Etat. L’Etat ne va plus causer des ennuis, nous avons une institution qui est le HCRRUN vers qui nous pouvons nous retrouver, il faut renforcer cela et il faut veiller aussi en amont pour qu’il n’y ait plus de ces actes. Pour cela nous ambitionnons un autre volet qu’est l’impunité et la non répétition. Nous avons des actions que nous avons inscrites dans notre plan stratégique de 2026-2030 où nous avons des activités allant dans le sens de cette impunité. Nous avons inscrit surtout les activités d’éducation, d’éducation à la paix. Vous savez, la justice transitionnelle à la togolaise est tellement appréciée au niveau de l’union africaine qui a mis en place la justice transitionnelle de l’union africaine qui a incorporé beaucoup des actions du HCRRUN du fait qu’elle estime que le processus togolais est un processus abouti.






