
Kpalimé, 16 avr. (ATOP) – Le deuxième comité de pilotage du programme Equité 3 s’est ouvert, le mercredi 15 avril à Kpalimé, avec pour ambition d’évaluer les avancées enregistrées et de redéfinir les priorités stratégiques en faveur d’un commerce équitable plus inclusif et durable en Afrique de l’Ouest.
Organisée par l’ONG Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF), en collaboration avec Commerce Equitable France, cette rencontre de trois jours regroupe les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du programme, notamment des plateformes nationales de commerce équitable, des coopératives, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants institutionnels de plusieurs pays de la sous-région.
Mise en œuvre depuis 2016, le programme Equité, actuellement dans sa troisième phase, se positionne comme un levier de transformation des filières agricoles à travers la promotion de pratiques agroécologiques et de relations commerciales plus justes. Cette phase couvre le Togo, le Ghana, le Bénin et la Côte d’Ivoire, avec un accent particulier sur la filière cacao, sans exclure d’autres spéculations comme l’ananas, le karité ou la noix de cajou.
Le comité de pilotage, présenté comme un cadre d’échanges « horizontal », doit permettre aux partenaires de faire le bilan des activités menées en 2025, d’identifier les acquis et les insuffisances, puis d’ajuster la planification pour 2026.
Les discussions portent également sur les enjeux structurels du commerce équitable, notamment le plaidoyer en faveur des règles commerciales plus justes à l’échelle internationale. « L’objectif est aussi d’impacter les règles du commerce au-delà du seul cadre du commerce équitable », a souligné Mathilde Mourgues, responsable du programme Équité au sein de Commerce Équitable France. Elle a cité en exemple la reconnaissance légale du commerce équitable en Côte d’Ivoire, désormais intégrée dans la loi sur l’économie sociale et solidaire, une avancée majeure issue des actions de plaidoyer des acteurs locaux.
« Equité est un programme d’appui à la transition agroécologique des filières de commerce équitable en Afrique de l’Ouest. Nous avons l’obligation de présenter ce que nous avons fait et ce que nous comptons faire, afin de recueillir les appréciations et recommandations des partenaires », a expliqué Moussa Barro, responsable du programme pour AVSF.
Les échanges mettent également en lumière des innovations portées par les coopératives, telles que le développement de bio fabrique pour la production d’intrants biologiques ou encore des initiatives visant à améliorer l’accès des femmes au foncier.
Représentant la plateforme togolaise du commerce équitable, M. Kouami Adani a salué les impacts concrets du programme sur les communautés rurales. Selon lui, les primes issues du commerce équitable ont permis de financer des projets sociaux, allant de l’acquisition de fournitures scolaires à la construction d’infrastructures communautaires, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie des producteurs.
Au nom du ministère de l’Agriculture, M. Alovor Komla a insisté sur l’importance stratégique du commerce équitable pour les économies rurales. Il a rappelé que ce modèle offre des opportunités d’accès à des marchés plus rémunérateurs tout en garantissant des principes de durabilité et de justice sociale, en phase avec les orientations nationales en matière de développement agricole.
ATOP/ER/AYH/BA






