
Kpalimé, 28 juin (ATOP) – La campagne cotonnière 2024-2025 s’est clôturée sur une note moins encourageante, un bilan issu de l’Assemblée générale ordinaire 2024 de la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton-Togo société coopérative avec conseil d’administration (FNGPC COO-CA), le vendredi 27 juin à Kpalimé.
Dans un contexte de vieillissement des producteurs, de désaffection progressive de certaines zones, et d’apparition de nouvelles filières agricoles, l’enjeu est de rendre la culture cotonnière attractive pour les jeunes.
Réunis autour du thème « La culture cotonnière, une opportunité d’innovation et d’entrepreneuriat pour les jeunes », les acteurs, des différentes zones de production cotonnière du pays ont fait le bilan de l’année écoulée et exploré de nouvelles pistes pour relancer une filière jugée stratégique.
Malgré un contexte mondial défavorable, la filière cotonnière a bénéficié, au cours de la campagne 2023-2024, du soutien de l’Etat. Face à la chute des cours internationaux du coton fibre et à la flambée des prix des intrants, des mesures incitatives ont été mises en place pour préserver la rentabilité des producteurs. Grâce à l’appui du gouvernement, le prix d’achat du kilogramme de coton graine a été maintenu à 300 FCFA, tandis que le sac de 50 kg d’engrais a été plafonné à 14 000 FCFA en dépit des tensions sur le marché international. Ces efforts ont permis d’atteindre une production de 67.679 tonnes de coton graine, cultivées sur 86.262 hectares, soit un rendement moyen de 785 kg/ha.
La campagne 2024-2025, quant à elle, s’est clôturée sur une note moins encourageante avec une production en baisse de 10,74 %, atteignant 60.408 tonnes sur 75.792 hectares, pour un rendement de 797 kg/ha. Cette contre-performance s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’irrégularité des pluies au moment des semis, les attaques persistantes des ravageurs jassides et la mauvaise qualité des semences utilisées.
Des efforts ont été faits pour la sensibilisation, le renforcement de l’encadrement, et la concertation avec les partenaires, notamment la NSCT. Des propositions ont été formulées, notamment la création d’une cellule de médiation indépendante, la mise en œuvre d’un dispositif d’alerte précoce pour suivre les délais de livraison des intrants, et la promotion d’un modèle de production régénérative pour restaurer la confiance des producteurs.
Pour la prochaine campagne 2025-2026, de nouvelles négociations ont permis de maintenir le prix du coton à 300 FCFA/kg, tout en conservant les mêmes tarifs pour les intrants, signe d’un engagement continu en faveur des producteurs.
Le représentant du ministre en charge de l’Agriculture, Alex Bouab a souligné que la filière coton reste identifiée comme filière porteuse dans la feuille de route gouvernementale. Il a reconnu les difficultés, mais insisté sur la nécessité de l’organisation interne : « Le mémorandum transmis par la FNGPC a été bien reçu. Il faut maintenant travailler à structurer les bases pour un redémarrage efficace ».
Le maire de Kloto 1, Winny Dogbatsè, a lancé un cri du cœur invitant les producteurs à ne pas abandonner cette culture au détriment des autres. Il a appelé à un sursaut collectif pour retrouver les niveaux de production d’antan.
Le président du CA de la FNGPC, Kourouféi Koussouwè a ainsi annoncé son intention de renforcer la formation des jeunes agriculteurs, de promouvoir l’entrepreneuriat rural, et de développer des mécanismes incitatifs pour intégrer durablement les nouvelles générations à la filière.
Le président de la NSCT, Nana Nafamé a lancé un appel pour une meilleure organisation des productions des cultures : « Le coton, le soja et le maïs ne sont pas concurrents. Bien cultivés en rotation, ils s’enrichissent mutuellement. Le coton apporte les éléments manquants que le maïs épuise, et le soja restitue l’azote au sol ».
Des acteurs expriment leurs préoccupations
Au-delà de l’organisation interne, plusieurs membres ont exprimé leurs préoccupations sur la gestion de la NSCT, notamment sur la place occupée par le groupe Olam, majoritaire dans le capital (51%°). Des appels ont été lancés pour une renégociation plus équitable du partenariat.
Ils demandent à la fédération également de poursuivre ses plaidoyers pour un meilleur accès aux intrants, un ajustement des prix d’achat, et un accompagnement plus ciblé des producteurs dans les zones difficiles.
Les regards sont désormais tournés vers la campagne 2025-2026, avec un objectif annoncé : tripler la production actuelle.
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