
Lomé, 31 mai (ATOP) – L’intelligence artificielle (IA), ses opportunités et ses défis pour le continent africain ont fait l’objet de débats lors de la 8ᵉ édition du « Grand débat de l’année » (GDA), organisée le samedi 30 mai à Lomé par l’association Jeunesse compétente pour le développement des talents et de l’éducation des jeunes (JCDTE).
Placée sous le thème « IA : une opportunité de développement ou une menace pour l’Afrique ? », la rencontre a réuni des jeunes venus confronter leurs points de vue sur cette technologie qui transforme progressivement les modes de vie, de travail et d’apprentissage. L’initiative vise à offrir aux jeunes un cadre d’expression et de réflexion sur des questions d’actualité afin qu’ils contribuent eux-mêmes à la recherche de solutions aux défis de la société, avec l’appui de personnes ressources.
Le débat s’est déroulé en trois phases. Un premier groupe a mis en lumière les avantages de l’intelligence artificielle, tandis qu’un second a insisté sur les risques qu’elle pourrait engendrer. Un troisième groupe a ensuite procédé à une synthèse des arguments développés afin d’en dégager les principaux enseignements.
Les défenseurs de la thèse ont présenté l’IA comme un moteur de progrès susceptible d’accélérer le développement de l’Afrique. Ils ont notamment évoqué ses applications dans les domaines de la santé, des transports, de l’éducation et de l’économie, où elle contribue à améliorer l’efficacité des services et la prise de décision.
A l’opposé, les tenants de l’antithèse ont estimé que l’IA peut favoriser une certaine dépendance technologique et réduire l’esprit critique et les capacités de réflexion de l’être humain. Ils ont également mis en garde contre les menaces liées à la déshumanisation des relations sociales et à la perte de certaines valeurs culturelles.
Dans sa synthèse, le troisième groupe a relevé que le débat s’articule autour de trois enjeux majeurs : la compréhension et l’information, la souveraineté numérique ainsi que l’éthique. Il a relevé que l’IA offre trois principales opportunités, à savoir l’amélioration de l’efficacité, la facilitation de l’accès à divers services et l’aide à la prise de décision. Les participants ont en outre souligné trois risques majeurs : la déshumanisation, la dépendance technologique et la désinformation. Ils ont conclu que l’intelligence artificielle constitue à la fois une opportunité et une menace. Son impact dépendra de la manière dont elle sera comprise, réglementée et utilisée au service du développement humain. « L’IA peut être un allié au service de l’être humain si elle est comprise, encadrée, maîtrisée et humanisée. L’enjeu n’est pas de remplacer l’homme, mais d’utiliser la technologie pour renforcer ses capacités », a résumé le groupe de synthèse.
Le fondateur de l’association JCDTE, le révérend père Attivi Samuel, a salué la qualité des échanges et la forte mobilisation du public. Il a rappelé que cette initiative offre aux jeunes un espace de dialogue et de réflexion autour des grands enjeux de société, où ils peuvent proposer eux-mêmes des solutions aux préoccupations qui les concernent, avec l’accompagnement de spécialistes.
Créée en 2014, l’association JCDTE œuvre pour la promotion du leadership des jeunes et leur implication dans le développement socio-économique du pays.
ATOP/AR/AO/KYA






