
Par Elisée Rassan et Honoré Attikpo
« Sans les arbres, il n’y a pas la vie ». Le Togo s’apprête à célébrer, le 1er juin 2026, la Journée nationale de l’arbre. Cette tradition instaurée depuis 1977 contribue à restaurer le couvert forestier, lutter contre les effets du changement climatique et préserver les ressources naturelles face à leur disparition progressive.
« Sans les arbres, il n’y a pas la vie ». Le message du commandant Mawussénam Attila, directeur régional de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique des Plateaux Ouest, résume l’urgence de la situation. Selon lui, les ressources forestières et fauniques connaissent une diminution inquiétante sous l’effet des actions humaines et de l’exploitation irrationnelle des forêts. Il évoque notamment la raréfaction de plusieurs essences autrefois abondantes comme le Pterocarpus erinaceus, le Milicia excelsa (Iroko) ou encore le Diospyros mespiliformis. Certaines espèces animales ont également disparu de plusieurs zones du pays.
Le premier inventaire forestier national réalisé en 2015 révélait déjà que le couvert forestier togolais ne représentait plus que 24,24 % du territoire national. Face à cette situation, le gouvernement togolais a lancé en 2021, un projet de mise en terre d’un milliard de plants sur la période 2021-2030, soit 100 millions de plants par an.
Depuis le démarrage de cette ambition nationale, les chiffres évoluent progressivement. Plus de 3 millions de plants avaient été mis en terre en 2021, contre 5 millions en 2022, 7 millions en 2023, plus de 9 millions en 2024 et environ 14 millions de plants en 2025.
Pour le Cdt Mawussénam Attila, cette progression montre que « si les conditions sont optimales », l’objectif fixé peut-être atteint grâce à l’implication des partenaires techniques, des collectivités, des organisations communautaires et des populations.
Au-delà de la restauration des forêts

Le reboisement joue plusieurs rôles essentiels dans la vie quotidienne. Les arbres contribuent à la séquestration du dioxyde de carbone, à la régulation du climat et des températures, ainsi qu’à la formation des pluies.
Les forêts constituent également une source d’alimentation et de revenus pour les populations à travers les produits forestiers non ligneux, les fruits, les plantes médicinales et le bois d’œuvre.
Le secteur forestier contribue aussi à l’économie nationale et à la création d’emplois, notamment pour les jeunes impliqués dans les activités de pépinières, de plantation et d’entretien. « Les arbres jouent plusieurs rôles qu’on ne peut pas tous mentionner », insiste le directeur régional de l’environnement, appelant les populations des Plateaux Ouest à participer massivement à la campagne nationale de reboisement.
Sur le terrain, plusieurs structures accompagnent déjà cette dynamique. C’est le cas de l’Association pour la promotion de l’agriculture, de l’agroforesterie et de la foresterie (APAF-Togo), engagée depuis plus de trente ans dans la production et la distribution gratuite de plants aux producteurs.
Selon Messan Agbodji, capitaine des eaux et forêts à la retraite et pépiniériste à APAF-Togo, l’organisation prévoit de produire cette année 3,5 millions de plants destinés à la campagne de reboisement.
Parmi les espèces produites figurent notamment le Fraké (Terminalia superba), le Samanea sama, le Theobroma cacao ou cacao, le Gmelina arborea ou encore plusieurs essences fertilitaires et forestières. Les plants sont distribués gratuitement grâce à l’appui de partenaires étrangers, notamment Ecosia, une entreprise allemande.
« Il ne faut pas attendre le 1er juin pour aller mettre en terre les plants », martèle Sossou Akouwavi, directrice préfectorale de l’Environnement de Kloto, rappelant que plusieurs citoyens ont déjà commencé les opérations de reboisement dans les zones où les pluies tombent régulièrement.
Dans les Plateaux Ouest, certains habitants profitent déjà de la campagne pour créer leurs propres plantations. Agent à la direction régionale de l’éducation, Ekoué Afoutou fait partie de ceux qui ont choisi de contribuer à l’effort national en mettant en terre des plants de cacao et d’autres essences forestières. « L’arbre, c’est la vie », affirme-t-il, convaincu que le reboisement représente à la fois une action environnementale et une opportunité économique grâce aux revenus futurs qui seront issus des plantations.
Dans la région, pour la circonstance, les autorités forestières, les pépiniéristes et les citoyens multiplient les actions pour sensibiliser les populations à l’importance du reboisement.






