
Ouganda, 21 mai (ATOP) – Lors d’un point de presse sur l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), le mardi 20 mai en Ouganda, le directeur général de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué avoir déclaré deux jours plus tôt, une urgence de santé publique de portée internationale face à l’épidémie de maladie à virus Ebola en RDC et en Ouganda. Une première pour un directeur général dit-il de faire une telle déclaration avant la réunion d’un Comité d’urgence.
Cette décision a été prise conformément à l’article 12 du Règlement sanitaire international (RSI), après consultation des ministres de la Santé de la RDC et de l’Ouganda, et compte tenu de l’urgence de la situation. « J’ai déterminé que la situation ne constituait pas une pandémie, qui est la nouvelle classification la plus élevée en vertu du RSI modifié », précise-t-il.
Le directeur de l’OMS signale que l’organisation évalue le risque épidémique comme élevé aux niveaux national et régional, et faible au niveau mondial. Selon lui, 51 cas ont été confirmés à ce jour, en RDC, dans les villes de Bunia et de Goma bien que l’on sache que l’ampleur de l’épidémie dans ce pays soit bien plus importante. L’Ouganda, ajoute-t-il, a également informé l’OMS de deux cas confirmés dans la capitale, Kampala, dont un décès, parmi deux personnes ayant voyagé de la RDC vers l’Ouganda. Un ressortissant américain travaillant en RDC a également été testé positif et rapatrié en Allemagne.
Divers facteurs attestent le risque de propagation accrue et de décès
Plusieurs facteurs justifient une vive inquiétude quant au risque de propagation accrue et de nouveaux décès.
Premièrement, outre les cas confirmés, on dénombre près de 600 cas suspects et 139 décès suspects. Des chiffres qui continueront d’augmenter, selon M. Ghebreyesus compte tenu de la durée de circulation du virus avant la détection de l’épidémie.
Deuxièmement, l’épidémie s’est étendue, avec des cas signalés dans plusieurs zones urbaines. Troisièmement, des décès ont été signalés parmi le personnel soignant, ce qui indique une transmission nosocomiale. Le quatrième facteur est relatif aux importants mouvements de population dans la région dû à l’intensification du conflit depuis fin 2025. La région est également une zone minière, ce qui engendre d’importants mouvements de population et accroît le risque de propagation.
Enfin, comme cinquième facteur, cette épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une espèce de virus Ebola pour laquelle il n’existe aucun vaccin, ni traitement homologué.
Face à tous ces risques, le directeur général de l’OMS a décidé qu’il était urgent d’agir pour prévenir de nouveaux décès et mobiliser une réponse internationale efficace. Il a souligné qu’outre le déploiement d’une équipe sur le terrain pour appuyer les autorités nationales dans leur riposte ; la mobilisation du personnel, des fournitures, du matériel et des fonds, par l’OMS, un financement supplémentaire de 3,4 millions de dollars américains provenant du Fonds de réserve pour les situations d’urgence, a été approuvé.
En l’absence de vaccins et de traitements, le directeur de l’OMS indique que les pays peuvent prendre de nombreuses autres mesures pour enrayer la propagation du virus et sauver des vies, comme l’a souligné le Comité d’urgence dans ses recommandations temporaires.
ATOP/Conférence de Presse OMS






