
Tchamba, 14 mai (ATOP) – Des leaders d’opinion de la préfecture de Tchamba ont été invités à combattre les mariages forcés et précoces et les grossesses en milieu scolaire lors d’une rencontre organisée par le ministère en charge de la Promotion de la femme le mardi 13 mai à Tchamba.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une tournée de sensibilisation initiée par le ministère dans quelques localités du pays. Le but est d’intensifier les actions de lutte contre les violences faites aux enfants, notamment les mariages précoces et les grossesses en milieu scolaire. La préfecture de Tchamba est ciblée par cette tournée du fait des taux alarmants de mariage et de grossesse pécores enregistrés ces dernières années malgré toutes les actions mises en œuvre pour l’éradication de ces fléaux.
La rencontre a connu la participation des autorités administratives, des leaders religieux, traditionnels et communautaires, ainsi que des élèves identifiées comme paires éducatrices de la préfecture. Elle est marquée par un panel animé par le président du tribunal de première instance de Tchamba, Akizou Pinamnéwé et quelques leaders religieux et communautaires de la localité sur les causes et conséquences de ces fléaux et le rôle de chaque acteur pour les éradiquer. Des travaux de groupe ont permis aux participants de faire des propositions pour une lutte plus efficace contre les mariages forcés et les grossesses en milieu scolaire. Par ailleurs, la délégation a rappelé aux cellules communautaires de veille et de lutte contre les grossesses et mariages chez les adolescentes et les violences basées sur le genre, leur cahier de charge en vue de les redynamiser dans leur mission.
La journée s’est poursuivie l’après-midi par une sensibilisation qui a ciblé les élèves des établissements scolaires de la commune, au lycée Tchamba ville. Les apprenants ont été entretenus sur la santé sexuelle des jeunes et adolescent(e)s, leurs droits et les dispositions légales prévues en cas d’abus.
Le conseiller juridique et technique du ministère en charge de la Promotion de la femme, Dr. Nakou Pascal a fait savoir que la persistance de ces fléaux est liée en grande partie à la culture dans certaines zones. « Le constat est triste. Le taux de prévalence pour les mariages forcés est de 51% dans certains cantons et atteint 94% dans d’autres. Raison pour laquelle, il faut sensibiliser les uns et les autres sur la dangerosité de ces fléaux qui nuisent au pays et surtout aux jeunes filles qui sont les artisanes de notre avenir », a-t-il déclaré. Pour M. Nakou, les leaders religieux sont les premiers concernés dans cette lutte car ils peuvent jouer un rôle déterminant dans le changement des mentalités.
Le préfet de Tchamba, Issaka laguebande, a salué cette approche du ministère qui permettra de mieux combattre ces fléaux. Il a exhorté tous les acteurs concernés à redoubler de vigilance pour dénoncer les cas afin de protéger les jeunes filles.
ATOP/JK/MEK /MG






