
Par KOUDJIMA Tougouma
Le fonio, une céréale jadis cultivée dans les régions des plateaux et Kara particulièrement dans les pays Akposso, Nawda et Lamba pour la préparation des mets locaux spéciaux et aussi pour ses vertus médicinales est aujourd’hui en voie de disparition. Une équipe de l’Agence togolaise de presse (ATOP) s’est approchée des producteurs notamment les membres de la coopérative « Wakpawla » spécialisée dans la production et la transformation du fonio à Hihéatro dans la préfecture de l’Amou pour s’enquérir des raisons de l’abandon progressive de cette culture par les populations au profit d’autres céréales.
Les raisons du délaissement du fonio au profit d’autres cultures
Les raisons de l’abandon de la production du fonio par les agriculteurs ont été évoquées et énumérées par Mme Essiomlé Amavi, présidente de la coopérative Wakpawla dont l’ambition est de promouvoir la culture du fonio et encourager la consommation locale. Ces raisons sont, entre autres, la complexité du travail et la mévente du produit.
Parlant de la disponibilité l’on évoque le facteur temps. Mme Essiomlé, qui est toujours en contact avec les agriculteurs, a indiqué que la pratique de cette culture nécessite de la part du producteur une grande disponibilité pour bien prendre soin du champ. Elle a souligné que le labour et la semence sont très facile mais le sarclage des mauvaises herbes sous le fonio est très lent et nécessite de la patience et du courage. Donc pour les agriculteurs, le travail du fonio prend trop du temps par rapport à la culture du maïs ou du soja.
La complexité de la culture
La complexité de cette culture a été située dans l’égrainage et le vannage de la plus petite céréale qu’est le fonio. Une chose est de bien cultiver et de bien récolter le fonio mais l’autre est d’obtenir le produit fini c’est-à- dire la graine appelée fonio. M. Ewome Takpla producteur de fonio à Edokpo explique que cette phase est vraiment difficile pour les femmes et surtout cela doit se faire avec beaucoup de précaution pour éviter de perdre des graines. Pour réussir ces pratiques, il faut disposer d’une grande salle bien aménagée et cimentée. Il a fait savoir que pour égrainer le fonio il faut disposer le produit au champ sur la bâche et taper à l’aide d’un bâton pour dissocier les graines des tiges. Aussi il faut avoir des bâches pour le vannage du produit brut. Les bâches permettent de récupérer les graines tombées par l’effet de la mauvaise orientation par rapport à la direction du vent.
La mévente du produit
Le fonio, entre temps, était produit pour des mets tels que la bouillie, le couscous traditionnel, le fonio mélangé avec le haricot et autres. Aujourd’hui, cette céréale est délaissée en faveur des produits importés entre autres les couscous, le riz et les farines. Ces produits importés concurrence sérieusement le fonio. Par conséquent les producteurs de fonio n’arrivent plus à couler leur produit. Des consommateurs estiment que le prix de vente du fonio est très élevé par rapport aux produits de substitution du fait que le fait que le processus d’obtention des grains de fonio est trop compliqué et prend assez de temps. Quel que soit son envie de consommer local, la population s’oriente vers d’autres produits faciles à obtenir, ce qui explique la mévente constatée sur le marché.
C’est justement pour faire la promotion de la consommation locale en général et celle du fonio en particulier que la coopérative Wakpawla a vu le jour à Hihéatro dans la préfecture de l’Amou. Elle s’est spécialisée dans la production et la transformation du fonio.






