
Par SAMBANNE Kanlafaïe
Le contrôle de l’action publique consiste à associer la population et le citoyen à la gouvernance publique. La bonne gouvernance fait appel à l’idée de transparence, de clarté, de redevabilité, et de gestion rationnelle des ressources. Partant de ces définitions, y’a-t-il un lien entre le contrôle de l’action publique et la bonne gouvernance ? Et quels sont les défis à relever dans ce sens par le Togo ?
Contrôle de l’action publique et bonne gouvernance
Le secrétaire général de la commune de Blitta 1, Pakoubotcho Gnimtou, a relevé une corrélation entre le contrôle de l’action publique et la bonne gouvernance. Il a expliqué que le contrôle de l’action publique est un pilier fondamental pour garantir la bonne gouvernance, en assurant que les ressources publiques sont gérées de manière transparente, équitable et efficace. Il a précisé que ce contrôle, qu’il soit administratif, financier, parlementaire ou citoyen, oblige les décideurs à rendre des comptes et à justifier leurs décisions, favorisant ainsi la responsabilisation des acteurs publics.

Le secrétaire général a fait savoir que le contrôle de l’action publique agit comme un outil pour la bonne gouvernance. Il explique que ce contrôle renforce la transparence dans la gestion des affaires publiques en permettant aux citoyens de suivre l’utilisation des fonds. La redevabilité, quant à elle, dit-il, oblige les gestionnaires à répondre de leurs politiques. M. Pakoubotcho souligne que ce contrôle permet également d’améliorer la performance des services publics et des collectivités locales en impliquant les populations. Il souligne que le contrôle de l’action publique aide aussi à détecter les inefficacités et les manquements, notamment en matière de gestion des finances.
L’orateur affirme que les mécanismes de contrôle externe, comme les audits, sont essentiels pour prévenir les fraudes, la corruption et le détournement de fonds, assurant que l’action publique est conforme aux lois. Il assure que le contrôle de l’action publique favorise, en outre, la démocratie participative en donnant aux citoyens et à la société civile un droit de regard sur les processus de développement. M. Pakoubotcho a précisé que ce contrôle est particulièrement efficace au niveau décentralisé, où il contribue à réduire la pauvreté et à mieux répondre aux besoins des populations. Il a rappelé que ce contrôle peut revêtir plusieurs formes entre autres, le budget participatif qui consiste à associer les habitants à l’élaboration du budget de la commune, les enquêtes, l’institution de cadres d’échanges, le suivi-évaluation participatif et le plaidoyer. Il a rappelé que les citoyens doivent jouer leur participation pour un contrôle de l’action publique efficace.
Devoirs du citoyen dans le contrôle de l’action publique

Le secrétaire général, interpelle le citoyen à suivre la planification et la gestion des finances publiques (budget local) pour s’assurer que les fonds sont utilisés conformément aux intérêts de la population. Il rappelle également tout citoyen à s’informer des actions menées par la collectivité et de participer activement dans la gestion des communes. C’est dans cette optique, a poursuivi M. Pakoubotcho que le gouvernement à créer dans chaque commune, le Bureau du citoyen (BDC), une institution permettant aux citoyens et à la société civile de faire le contrôle de l’action publique locale et de suivre la gestion administrative et financière de leur commune.
Le coordinateur du BDC de Blitta 1, Ewaï Brice a expliqué que cette institution locale sert de pont entre les habitants et la mairie pour recueillir les besoins, attentes, et suggestions afin d’améliorer la gouvernance locale et les services publics. Il a fait savoir que les médias ont également un rôle essentiel dans la vulgarisation du contrôle de l’action publique pour une société qui se veut démocratique. Une bonne diffusion des informations financières et budgétaires permet aux journalistes de contribuer à la promotion du contrôle de l’action publique, un des leviers fondamentaux indispensables à la réussite de la gouvernance locale, a-t-il relevé.
Les défis de la mise en œuvre du contrôle de l’action publique.
Aux dires des experts, la mise en œuvre du contrôle de l’action publique se heurte à des défis majeurs tels que le manque de transparence, l’accès limité à l’information, la faiblesse des capacités techniques des citoyens et la résistance institutionnelle. Ces obstacles, selon eux, entravent la bonne gouvernance et la redevabilité, nécessitant un renforcement des mécanismes participatifs et une meilleure décentralisation.






