L’oignon ou ognon est considéré à la fois comme un légume et comme un condiment. Originaire d’Asie centrale, l’oignon est un aromate universel consommé dans toutes les régions du monde. Il en existe plusieurs variétés, dont certaines sont particulièrement riches en antioxydant. L’oignon fait partie de la famille des alliacés avec des propriétés bénéfiques pour la santé. En cuisine, il est un ingrédient incontournable et se retrouve dans de nombreux mets. En Afrique de l’ouest, ce légume est principalement cultivé dans le Sahel. Au Togo, hormis quelques poches de culture vers le sud du pays, la région des Savanes se trouve être la zone où cette filière est plus cultivée en raison d’un climat favorable à ses exigences.
La culture d’oignon passe par une pépinière
Selon le chef d’agence de l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) de Dapaong, Lalle Damesséle, la culture de l’oignon se fait à partir de la pépinière à base de graines. La graine d’oignon pousse généralement autour du 5e et 6e jour et après 45 jours, le producteur ou la productrice peut arracher les jeunes plants pour le repiquage, soit sur planches pendant la saison sèche ou sur billons durant la saison pluvieuse. Pour réussir sa pépinière, explique M. Lalle, il faut d’abord stériliser la planche pour tuer les parasites avec, soit de l’eau chaude ou de la cendre pour permettre à la graine de pousser librement sans attaques. « Le sol étant pauvre, le ou la pépiniériste doit faire la fumure organique, soit avec le compost ou le fumier avant de semer les graines. En plus de cela, il faut prévoir l’ombrière pour éviter que l’eau ne tasse le sol et engloutisse la graine lors de l’arrosage. Pour un hectare, il faut 160 charrettes asines de fumier ou de compost », ajoute-t-il.
La culture de l’oignon dans la région des Savanes
La culture de l’oignon se fait en saison de pluie autour des maisons et en saison sèche sur les sites maraîchers, précisément dans les bas-fonds. A en croire le technicien de l’ICAT, il existe globalement quatre variétés d’oignon à savoir: le texas grano, le préma, le julio et le violet de galmi. Dans les Savanes, le violet de galmi est produit. Deux périodes dans l’année sont indiquées pour cette culture. Pour la première période, ce légume est planté en mai et la récolte en juillet. La seconde période démarre en septembre pour s’achever en novembre.
Le meilleur schéma cultural pour cet oignon est de 10cm x 15cm si l’on veut obtenir des bulbes moyens et de 10cm x 25 cm pour ceux qui voudraient obtenir de gros bulbes. L’usage de l’engrais chimique n’est pas exclu, indique M. Lalle. Il précise qu’il est répandu au 21e jour après le repiquage et généralement c’est le NPK qui est utilisé. Après cette étape, dit-il, il faut faire le sarclo-binnage pour l’entretien de la culture et attendre encore environ 25 jours pour la récolte. Il renseigne aussi que 10 jours avant la récolte, il faut mettre fin à l’arrosage des plants et éviter de laver les bulbes d’oignon au risque d’entrainer des pourritures.
La production, la récolte et la conservation
Si tout l’itinéraire technique est respecté, affirme le chef d’agence ICAT-Dapaong, sur 1 hectare, l’on peut produire entre 30 et 60 tonnes d’oignon. La période de son abondance dans la région est respectivement les mois de juillet, février, mars, avril.
Pour conserver le violet de galmi, confie M. Lalle, il faut trouver le sable fin bien sec et le répandre dans une chambre et ensuite étaler l’oignon, ce qui permet une bonne aération et une résistance dans le temps. Si la quantité est importante, il faut créer un dispositif pour superposer les couches les unes après les autres.
La commercialisation de l’oignon dans les Savanes
Après la production, les producteurs et productrices livrent leurs produits en gros (dans les sacs de 60 bols) aux commerçants qui sont majoritairement des femmes. Ces acheteurs revendent en détails aux clients sur les marchés locaux ou vers les autres villes du pays. Dans les Savanes, il existe des points de vente notamment au marché de Tingban et derrière Orabank à Dapaong, un autre point de vente se trouve à Nanergou à 6 km au nord de ville et dans les autres préfectures de la région.
Mme Comfort, vendeuse sur le site d’Orabank déclare: « actuellement, le sac de 60 bols nous coûte 70. 000 F CFA, je prends environs 3 sacs et je vends dans les grandes bassines à 18.000F. Vous pouvez trouver aussi pour 5000 F, 3500F, 2000F, 1000F et 500F. Par sac, je peux gagner un bénéfice de 20.000 F ou 25000 F environ ».
Quant à Mme Kondougue, commerçante d’oignon sur le site de Nanergou « l’année dernière à pareil moment, le sac était à 60.000 F, mais cette année c’est encore augmenté à 70.000 F, si j’achète un sac, je gagne en moyenne 15000F et plus, ça m’aide beaucoup dans la prise en charge de mes enfants, je pense que le prix va bientôt diminuer dans les prochains jours».
L’impact économique de l’oignon sur les producteurs
Pour Mme Douti Lengue, productrice à Koboto, un canton de Dapaong, cette culture est très rentable: « Malgré que je n’ai pas assez de moyens pour agrandir mon champ, au moins par saison je peux gagner environ 100.000 F CFA. J’ai un garçon qui apprend la menuiserie, c’est avec cet argent que je le soutiens, j’ai aussi une fille qui apprend le tissage à Dapaong et c’est grâce à ce fonds que je paie les frais d’apprentissage. Nous en consommons en famille et j’en donne aussi à mes parents et proches. Vous savez, j’ai perdu mon mari il y a de cela 6ans, c’est à base la culture d’oignon associé à celle de tomate que j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille ».
Même son de cloche chez Kangbabe Kodjo, un autre producteur à Dampiong. « Ces trois dernières années, j’ai pu gagner par campagne de production en moyenne 750.000 FCFA. Depuis que j’ai commencé, cette culture m’a permis de construire 8 chambres en dur, d’acheter une moto de marque Haoujue à 440.000 F CFA. J’arrive à scolariser mes enfants et à mettre d’autres en apprentissage. Cette culture me rapporte beaucoup, je remercie ICAT qui nous appui », a-t-il confié.
Les vertus de l’oignon
Selon les spécialistes, l’oignon fournit de l’apport quotidien recommandé en vitamine C. En plus de leur goût exquis, les oignons sont incontournables dans tout régime alimentaire. Riche en fibre, ce légume stimule la digestion. Pour profiter au mieux de ses vertus, mieux vaut le déguster cru. Une consommation régulière d’oignon est bénéfique et évite la formation éventuelle des caillots sanguins. Elle protège des risques d’obstruction des vaisseaux et de thrombose.






