
Par TSOLENYANU Kafui
La fête des amoureux ou la fête de Saint Valentin célébrée chaque 14 février, est une occasion pour toutes sortes les couples d’échanger des mots doux et des cadeaux d’amour dont les roses rouges qui sont l’emblème de la passion. Elle est célébrée, sous toutes ses formes : intéressées ou désintéressées, fraternelles ou conjugales. Des jeunes et adultes sont tous impliqués.
« L’amour est une inclination d’une personne pour une autre, de caractère passionnel et/ou sexuel ». Tel que défini, les adolescents doivent-ils célébrer l’amour ? La fête de l’amour n’est-elle pas une invitation à la débauche et à toutes sortes de perversions sexuelles pour les jeunes ?
La Saint Valentin, une affaire de couples
La directrice du CEG Kévé ville 1, Mme Trom-Degbeovi Akuvi relève que « le 14 février constitue une date où des actes négatifs sont souvent posés par des jeunes au nom de la célébration de la Saint Valentin ». Pour elle, « la fête des amoureux n’est pas destinée aux élèves compte tenu de leur statut, de leur âge et du fait qu’ils sont encore sous l’autorités de leurs parents. Normalement, le 14 février devrait être pour les élèves, un moment d’affection envers leurs parents. Ils peuvent leur offrir des fleurs, des dessins, des poèmes comme signe de gratitudes à leur endroit et surtout leur montrer combien ils sont importants et par la même occasion leur dire merci pour les sacrifices consentis ».
Mme Trom-Degbeovi souligne que les élèves peuvent aussi écrire des poèmes aux enseignants et autres responsables d’établissements qui ne ménagent aucun effort pour leur réussite. Elle estime que cette journée peut aussi être une occasion pour les élèves d’écrire une lettre d’ensemble pour soutenir les enseignants ou s’excuser auprès d’eux pour des erreurs et fautes commises liées à leur statut d’adolescents.
La directrice explique que les élèves doivent saisir cette occasion pour mettre en pratique l’amour agapè en se mobilisant pour porter assistance à leurs camarades en situation difficile. S’agissant des parents, Mme Trom-Degbeovi précise que la Saint Valentin devrait être aussi une occasion pour eux de témoigner leur amour envers leurs progénitures, de tenir un langage franc pour un foyer uni et prospère car toute éducation ratée conduit les enfants dans la rue.
La fête des amoureux n’est pas appropriée pour les élèves
Selon M. Dossavi Kokou, acteur de la société civile, l’amour c’est toute une vie que l’on offre à son prochain pour qu’il soit aux anges, à l’aise, c’est un travail d’art qu’il faut entretenir quotidiennement, bref c’est une vocation. « L’Amour ainsi défini, est difficile pour être vécu par les adolescents. Malheureusement, cette couche de la population le comprend autrement et en fait des pratiques immorales et choquantes telles que le libertinage, la perversion, le fantaisisme sexuel et j’en passe », a-t-il confié. Pour lui les adolescents pensent que c’est le sexe seulement qui donne le plaisir. Les déviances comportementales et l’inversion des rôles par les jeunes compliquent les choses et créent du désordre dans la société.
M.Dossavi relève que « les parents ne devraient pas démissionner car la venue de leurs enfants au monde est de leur responsabilité entière et ils devraient l’assumer ». Les élèves, en fonction de leur âge et leur statut n’ont pas besoin de gros moyens pour manifester leur affection envers leurs proches : une visite, un engagement, un petit merci, un mot réconfortant, une petite lettre, un engagement, un bouquet de fleurs, des cartes postales, des petits cadeaux si les moyens le permettent, feront l’affaire. « Ce qui compte à notre avis, ce n’est pas le prix de ce que l’on donne, mais c’est la manière de le faire, c’est le geste qui compte. Les apprenants doivent éviter de tomber dans des pièges de la Saint Valentin avec son cortège de malheurs comme viols, grossesses précoces, IST, drogue, accidents dû à l’état d’ébriété et de mort prématurée », a-t-il poursuivi.
Par convention, les mœurs désignent les usages et les habitudes de vie au sein d’un groupe social. La dépravation des mœurs qui est le fait de bafouer cette idée géniale et plein de sens devrait être perçue en ce jour de Saint Valentin comme un comportement ou une attitude à éviter. Le libertinage, la négligence des parents sont autant de facteurs pouvant conduire à une vie indécente et à des comportements indignes chez l’enfant. La responsabilité parentale doit être de mise dans la célébration de la fête de Saint Valentin.






