
Kara, 3 fév. (ATOP) – Une soixantaine d’éleveurs emboucheurs des régions Centrale, Kara et Savanes ont pris part à un atelier de partage d’expériences et d’innovations dans la filière bétail et viande au Togo ou séance de Hackathon pastorale, les 2 et 3 février à Kara.
Cet atelier a été organisé par la Fédération nationale des professionnels de la filière bétail et viande (FENAPFIBVTO), en partenariat avec le consortium de l’Université de Lomé, de l’Entreprise territoire et développement (ETD), ainsi que la Plateforme des associations des éleveurs et pasteurs du Togo (PAEP-Togo). Il a bénéficié du soutien financier de la CEDEAO qui a eu l’appui financier de la Coopération Suisse (DDC) à titre de contribution au Programme Régional d’Investissement pour le Développement de l’Elevage dans les pays Côtiers (PRIDEC) pour la mise en œuvre du Programme d’Appui à la Ccommercialisation du Bétail en Afrique de l’Ouest (PACBAO).
L’atelier est un volet du Projet d’appui à l’embouche des ruminants domestiques et la commercialisation du bétail (PERCO). Le but est d’améliorer la disponibilité et l’accessibilité d’aliment bétail de qualité aux éleveurs et à augmenter l’offre d’animaux à haut potentiel de production de viande de qualité sur les marchés nationaux.
La rencontre a permis aux éleveurs de partager leurs expériences en terme du démarrage, d’entretien ou d’alimentation pour bétail, dans l’élevage des ruminants pour permettre aux uns et aux autres d’acquérir de nouvelles connaissances en vue d’améliorer la pratique. Spécifiquement, il était question de présenter certaines innovations et mesures d’adaptation ou d’atténuation pour faire face à la vulnérabilité inhérente aux écosystèmes pastoraux dans cette filière.
Les acteurs de la filière bétail et viande ont suivi une présentation sur ce qui se fait dans les autres pays du monde, identifié les difficultés et contraintes liées à l’élevage et proposé des pistes de solutions.
Le président national de la FENAPFIBVTO, El Hadj Alidou Alassani a, à l’ouverture de cette séance félicité et encouragé tous les acteurs, pour le travail qui se fait dans leurs localités respectives et dans les écoles de formation dont une dans chaque région pour la promotion de cette filière. Il les a invités à s’approprier les expériences des uns et des autres pour faire en sorte que la filière connaisse un lendemain meilleur au Togo.
Pour le coordonnateur de la Fédération, Oumorou Ibraïme, l’embouche est une stratégie d’élevage qui mérite des techniques d’élevage. « C’est pour cette raison qu’il était important de voir avec les acteurs de ce secteur, les innovations aux plans national et international afin de les adapter au niveau local. C’est aussi l’occasion de les amener à assimiler ces innovations que sont le contrôle et l’identification numérique des animaux (le GPS), l’utilisation des fiches techniques de suivi de troupeaux et la création d’un site web pastoral pour diffusion d’informations sur l’élevage pour augmenter la production nationale », a relevé M. Oumorou.
Partage d’expériences
Le président national de la Fédération a fait savoir qu’il a hérité ce métier de son père et avoir débuté avec les petits ruminants, puis des bœufs. Mais étant un éleveur citadin résident dans les Plateaux-ouest, il a confié ses troupeaux à un bouvier en prenant soin de mettre un signe sur chaque animal pour lui permettre de les repérer en cas de perte. « Concernant les animaux d’embouche, je les élève chaque année spécialement pour la vente et pour le reste du bétail, dès que je constate qu’il devient important en nombre, je trie certains animaux pour vendre et réaliser mes projets en ville, tels que construire pour la location », a-t-il ajouté, tout en déplorant le fait qu’aucun de ses enfants ne s’y intéresse pour des raisons d’étude.
Pour dame Kamnaka, éleveur à Pagala-Gare, elle a commencé son élevage sans aucune importance avec une chèvre qui mettait bas deux à trois chevreaux qu’elle alimentait à base des feuilles de moringa et manguier. « Ces petits à leur tour ont donné beaucoup, mais par manque d’enclos approprié, il ne me reste que 18 et maintenant que j’acquis de nouvelles connaissances à travers ces ateliers de formation, je vais véritablement m’appliquer dans cette filière en prenant bien soin de mes petits ruminants », a-t-elle laissé entendre.
Quant à M. Sanna Seydou, secrétaire préfectoral de marché de bétail à Cinkassé et en même temps commerçant-éleveur, il a démarré son élevage avec cinq bœufs pour lesquels, il a engagé un bouvier qui vient les prendre chaque jour pour les faire paître. « Une fois de retour à la maison, moi je complète leur alimentation par des aliments bétail et je leur donne la pierre à lécher. Je crois qu’avec cette rencontre de partage, j’ai acquis d’autres expériences qui vont me permettre de changer ma manière de faire afin de mettre sur le marché, des animaux sains pour une viande de qualité. », a-t-il confié M. Sanna.
ATOP/TAL/BA






